Le musée des instruments du monde Les expositions réalisées par Instruments du monde. Testez vos connaissances musicales. L'espace documentaire. Version française.
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Instruments du monde dans le cadre de l'émission de France Inter :
Allo la planéte animée par Joe Farmer

présentera aux auditeurs de la station un petit éventail des pratiques musicales de notre Monde :

L'Asie : le chants des gongs.
L'Inde et le Sitar.
La Mongolie : le Morhin Ruuhr et le chant diphonique.
Les Gnawa du Maroc et le luth Guembri.
L'Afrique noire et la Cora.


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La Mongolie : le Morhin Ruuhr et le chant diphonique
Le chant diphonique est une technique vocale impressionnante très répandue en Asie centrale et particulièrement en Mongolie. Ce chant est en quelque sorte une imitation de la guimbarde.

Une légende mongole raconte que ce chant serait l'imitation par l'homme du chant d'une rivière coulant entre deux collines.

Le chant diphonique est également appelé chant des harmoniques car il s'agit pour le chanteur d'émettre plusieurs sons simultanément. Il est donc capable de chanter deux voix à lui seul : tout d'abord un son de base souvent grave (son fondamental) ainsi qu'un ensemble d'harmoniques dans lesquelles il peut moduler une mélodie.

Afin de pouvoir émettre les harmoniques le chanteur doit moduler les résonnances de sa cavité buccale avec sa langue. Les mongols possédent six techniques de chants et sont capables d'émettre plus de quarante harmoniques différentes.

Les sensations pour un chanteur sont de produire un son avec la gorge et de placer sa langue de telle sorte qu'elle simule dans la bouche la prononciation des voyelles.

Très répandu en Asie centrale, Sibérie et Mongolie, on retrouve cette technique vocale dans de nombreux pays. Elle est utilisée chez certains chanteurs classiques indiens. Des techniques semblables sont utilisées par les chanteurs corses particulièrement à la fin des phrases terminées par de longues notes afin de tirer les harmoniques des sons.
En afrique du sud, les femmes Xhosa utilisent également une technique de chant diphonique.
Au Tibet la Voix de Dzo est un chant diphonique très précis (on n'émet que l'harmonique 10) destiné à la concentration spirituelle. Ce chant est nommé Dzo car il rappelle le cri du Dzo, animal né du croisement entre le yack et la vache.
Le Morhin Ruuhr


L'Asie : le chant des gongs

Gong à bulbe - Thaïlande Le sud-est asiatique comprend, outre la région continentale formée par la Birmanie, le Thaïlande, le Laos, le Cambodge, la Malaisie ainsi que les îles de l'Indonésie et des Philipines.
Malgré les nombreuses langues parlées dans cette région, malgré les différentes influences de l'Inde de la Chine et de la culture islamique, malgré l'hétérogénéité des styles, des techniques et des instruments, il existe des caractéristiques commune à l'aire entière.

Ces principales caractéristiques consistent par la présence d'instruments de la famille des gongs (en général, constituée de séries d'instruments accordées), ou d'instruments à plaques métalliques.
Souvent joués au sein d'ensembles musicaux fonctionnant selon le principe de la stratification polyphonique.

Dans ces ensembles les instruments exécutent simultanément certaines versions de la mélodie principale, différentes par leur rapidité ou mieux, par leur scansion rythmique.
Il en résulte une structure polyphonique à plusieurs niveaux.

Sur un plan organologique, il existe deux types de gongs : les gongs plats, et les gongs à mamelon. Ils sont fabriqués artisanalement par martèlement de plaques de métal préalablement fondues, ils sont constitués d'alliage de cuivres (70 à 80%), et d'étain (30 à 20%) avec parfois addition de plomb, de fer ou de zinc, plus rarement d'argent.

Les gongs représentent pour les familles qui les possédent un signe exterieur de richesse et de prestige.
Ils pouvaient devenir une monnaie d'échange pour acheter buffles et éléphants ou encore pour s'acquitter d'une dette.

Diverses fonctions sont dévolues aux ensembles de gongs : outils de communication, ils permettent d'éveiller, d'inviter et de satisfaire les esprits bienfaisants, outils de convivialité, ils animent les danses rituelles et rapprochent les hommes.
Carillon de gongs représentant les jours de la semaine - Birmanie Gong plat - Birmanie


Les Gnawa du Maroc et le luth Guembri.


Le luth Guembri Les Gnawa sont une confrérie soufi du Maroc, d'Algérie et de Tunisie. Il sont les descendants actuels des esclaves noirs emmenés du Gahna, de Guinée ou du Sénégal par les conquêtes arabes de la fin du XVIIème siécle.

Les confréries actuelles des Gnawa pratiquent encore des rituels importants où la musique et le chant jouent un röle essentiel.

Les cérémonies Gnawa ont toujours un objectif thérapeuthique : guérir, agir contre les influences négatives ou en faveur d'esprits favorables. Les rites peuvent souvent être très long, et aboutissent à des transes de possessions.

Le vendredi soir dans la cour d'une maison appartenant à la confrérie Saiddiya se déroule le rituel de la lila. Avant le commencement de la cérémonie on présente au maâlem (le maître de cérémonie) des enfants qu'il oigne de la sueur de son front afin de les éloigner du mauvais sort.
La cérémonie commence toujours au son du Guembri (un long luth au manche cylindrique dont les trois cordes en boyau sont tendues sur une table d'harmonie en peau de chèvre) accompagné par les joueurs de quaquabou ou krakabs (castagnettes de métal en forme de 8).

C'est toujours le maâlem qui joue le Guembri, sur lequel il interprètre des mélodies particulières propres à chaque melk (entité surnaturelle qui vient chevaucher le possédé).

Chaque adepte ne peut être possédé que par le même melk et ne peut être possédé que si la mélodie est joué par le guembri. Sept couleurs sont associées aux différents mlouk et rendues visibles par des foulards qui servent notamment à retenir les danseurs lorsque la possession est trop intense.


L'Afrique et la Cora


La harpe-luth Kora L’instrument, d’origine mandingue (Mali, Guinée, Sénégal...) est l’outil de travail des si célèbres griots africains. Composée d’une calebasse reliée à un manche par de très nombreuses cordes (aujourd’hui en fil de pêche !), la cora est présente dans l’ensemble des orchestres traditionnels du pays. Ses sonorités, si typiquement africaines s’adaptent aujourd’hui parfaitement des musiques modernes. C'est au Mali que la Cora est la plus utilisée.

Selon la légende mandingue, la kora fut découverte par un grand chef de guerre, Tira Maghan, qui la donna à un de ses compagnons griots, Djelimaly Oulé Diabaté. Selon la même légende, la première kora est l’instrument personnel d’une femme-génie qui vivait dans les grottes de Kansala en république actuelle de Gambie. Tira Maghan, impressionné et ému par la musique de l’instrument, décida d’en déposséder la femme-génie. Aidé de ses compagnons de chasse, Waly Kelendjan et Djelimaly Oulé Diabaté, il récupéra l’instrument qui échut à Djelimaly le griot du groupe
L'art du chasseur mandinguene consiste pas uniquement à tuer les animaux, mais aussi à contrôler le nyama, la dangereuse force vitale qui est libérée à la mort de l'animal. Le musicien, le sora, chante en s'accompagnant de sa harpe, pour donner du courage aux chasseurs qui vont s'enfoncer dans la savane.


L'Inde et le Sitar


Le Sitar
Les origines de la musique indienne de l'Hindoustan et du Karnataka remontent au IIème siécle avant JC. Les sytèmes théoriques de cette musique dérivent des principaux traités sanscrits : Le Nãtyasãstra de Bharata (IIe s. av JC) ; le Brihaddesi de Matanga (Ve-IXe s.) et le Sangitaratnakara de Sarangadeva (1210-1247)

Ces traités définissent les éléments principaux de la théorie musicale indienne. L'octave est divisé en 22 intervalles microtonaux qui, associé à une modalité préétablie, determinent les 7 degrés qui composent les 2 échelles principales. C'est en sélectionnant différents degrés de ces échelles que l'on obtient des échelles secondaires qui seront les archétypes des actuels rãga.

Les rãga : aujourd'hui le rãga (rag dans le sud de l'Inde) est un mode, de type mélodique, c'est une sorte de cadre sur lequel repose une composition ou une improvisation.
Les nombres de hauteurs présentes dans un simple octave peut varier de 5 à 7 et peut différer dans la forme montante et descendante.
Tous les rãga sont organisés en systèmes familiaux avec les pères, les mères, les fils et les filles.

De nombreux élèments extra-musicaux sont associés aux rãga. Chaque rãga peut être lié à neuf rasa correspondant à des états d'âme, des émotions. Ils doivent être éxécutés à des moments prescrits de la journée, lors de périodes particulères ou dans des occasions spécifiques de fêtes.
Les rãga peuvent guérir des infirmités particulières et également être la cause de phénomènes naturels comme la pluie, les incendies, les inondations...

Le rãga est conçu comme une partie d'un ordre cosmique : son exécution maladroite peut occasionner le bouleversement de cet ordre et entrainer des catastrophes.

Le sitar est devenu l'instrument emblématique de l'Inde, c'est un grand luth à manche long, possédant une caisse de résonnance en calebasse. Le manche est creusé pour permettre le passage des cordes (de 11 à 13), et comporte des touches métalliques en forme d'arches sur lesquelles on glisse les cordes principales (généralement les 4 premières) servant à l'exécution de la mélodie pour créer des effets de glissando.